ARTICLE de Marité Collombat "Arrêt sur Image"
Conférence de Jean-Michel Bossini.
Samedi 22 octobre 2011 Concert-lecture QUATUOR DEBUSSY (France) Les quatuors de Chostakovitch « lecture d’un journal intime » On dit « Concert Lecture », lorsqu’un spécialiste vient animer, éclairer l’œuvre d’un musicien connu, devant des spectateurs initiés.
J’ai assisté, moi qui ne suis, ni musicienne ni musicologue, à une traduction littérale de divers mouvements de quatuors où le langage de la musique, qui m’est pourtant étranger, m’apparut alors, non sous la forme sonore d’abord, mais sous une apparence visuelle et identifiable.
Il s’agissait du « journal intime » de Chostakovitch. Le titre, déjà, pouvait évoquer quelques photos ou représentations facile à imaginer. C’est à partir des dates de vie et de mort du compositeur que Jean-Michel Bossini nous a interpellés : 1906-1975.
On croyait avoir repéré le principal, lorsqu’il nous a signalé « le tiret ». L’essentiel était là, dans ce blanc étrange matérialisé d’un trait noir. Cet espace, vide en quelque sorte, représentait la vie, l’œuvre et tout le processus créatif de quinze quatuors aboutis et d’autant de symphonies.
L’image mentale de cet entre deux s’imposait à nous, j’allais dire, avec des contours précis, dessinés exactement.
C’était bien du visuel dont il s’agissait d’abord, le Quatuor Debussy n’avait plus qu’à « illustrer »musicalement le premier mouvement et la fin du dernier pour que la musique nous laisse en état de réception.
Quant au final, comment le qualifier ? Serait-il « conclusif ou suspensif « ?
Nous étions devenus lecteurs de représentations sonores et la chute nous appartenait, comme si la dernière page du livre, avec ses points de suspension, nous abandonnait, perplexes.
Le contexte s’y prêtait, Jean-Michel Bossini ne s’est pas trompé : Chostakovitch a servi l’image pour le cinéma, soit en improvisant au piano, soit en composant des musiques de films. Pour avoir travaillé souvent ainsi, il a, en quelque sorte, « absorbé » l’image.
Dans sa musique pure cependant, là, et seulement là, on pourrait parler de musique sans image, bien que ce ne soit pas une soustraction de quelque chose.
C’est donc bien des possibilités d’images qui nous ont été offertes.
« Concert Lecture » pour quelqu’un qui « n’entend » rien à la musique mais qui a pu repérer et mettre en ordre toutes les représentations visuelles que la musique a su produire …
Belle leçon donc pour le lecteur débutant que je suis !
Marité Collombat Octobre 2011